A savoir
NUITS D'ARTISTES (lic.17584) présente : ce concert
Abd Al Malik
La forme de récit qui me touche le plus est souvent autobiographique ou, en tout cas, garde de fortes attaches avec le réel. C’est sans doute pour cela que j’affectionne particulièrement des auteurs tels que Raymond CARVER et Albert CAMUS. Leur esthétique m’émeut et n’est pas étrangère à l’écriture que j’ai voulu développer sur mon album « Gibraltar ». Mais ma démarche ne pourrait se résumer à une ambition purement littéraire parce que je suis rappeur et parce que je suis un homme, tout simplement.
Nos histoires de vie sont singulières mais elles se ressemblent en cela, le partage d’une même humanité. Longtemps j’ai voulu fuir cette évidence, nous la fuyons tous par ignorance ou par incompréhension, par peur surtout.
Mon seul et unique acte quotidien et volontaire est un travail spirituel, je parle du soufisme, j’y puise ma force d’ouverture, de paix et de conviction essentielle. « Nous sommes tous issus de la même lumière ». Mais la spiritualité n’oblige jamais, elle force au dialogue. Elle invite à l’examen de conscience.
Et puis j’ai voulu « Gibraltar » comme un pur album de hip-hop hardcore, subversif et patriote, parce que bien que transpirant la rue et le béton, ce disque est un acte d’amour et de paix, un étendard, bien qu’ensanglanté, de dialogue, d’ouverture et de liberté. Une combinaison entre le blueprint de JAY-Z et le Illmatic de NAS, le Kind of Blue de Miles DAVIS et les Marquises de Jacques BREL. Un coup de poing lancé au sectarisme qui gangrène depuis trop longtemps le rap français.
N’oubliez jamais qu’être pionnier ne signifie pas être seul. Je ris, je pleure et j’aime, j’écris, je rappe et je slamme. N’ayons pas peur d’être nous-mêmes, c’est à ce prix là qu’on devient libre.